LA PATIENCE (I)

Je demande refuge à Allah l’Audient et l’Omniscient contre le damné Satan. Au Nom d'Allah le Tout Miséricordieux le Très Miséricordieux, et que le salut et la paix d'Allah soient sur le plus noble des messagers, notre prophète Mohamed. Louange à Allah, nous recourons à Lui et nous Lui demandons de nous guider, nous pardonner, et nous préserver de nos mauvaises actions : « Celui qu’Allah guide, c’est lui le bien guidé. Et quiconque Il égare, tu ne trouveras alors pour lui aucun allié pour le mettre sur la bonne voie » (TSC[i], Al-kahf ‘
La vertu qui sera l’objet de notre cours aujourd’hui est celle de la patience parce qu’effectivement, elle devient de plus en plus mal saisie par les gens. Quand, à titre d’exemple, les jeunes se plaignent d’un péché quelconque et qu’on leur conseille de patienter, cette réponse ne leur plait pas. Il en va de même pour les gens qui essayent de faire la prière nocturne ou la prière du Fajr à temps sans toujours réussir à réaliser ce qu’ils veulent. Pour eux, le conseil de patienter est trop théorique alors que ce dont ils ont besoin c’est une solution pratique. Malheureusement, le mot ‘patientez’ est devenu pour beaucoup d’entre nous un mot utilisé pour mettre terme à une conversation sans arriver à une solution quelconque.
La patience est vraiment un comportement pratique. Elle en est ainsi dans la mesure où elle porte un certain sens de progressivité. En ce sens, la patience serait un comportement qui concerne non seulement les hommes mais les surpasse pour concerner également les habitants des cieux et de la terre. L’univers, l’embryon humain et les germes des plantes suivent tous cette idée de progressivité et de patience. Il est également intéressant de constater qu’Allah, bien qu’étant capable de créer les cieux et la terre dans un instant très court, les a créés en 6 jours. La raison derrière ce choix est qu’Allah veut nous apprendre que la vie dans notre monde nécessite de la patience et que chaque objectif, pour être réalisé, a besoin de persévérance, d’endurance et de progressivité.
C’est la raison pour laquelle les oulémas trouvent que : la perfection dans le monde d’ici-bas et dans la pratique du culte de n’importe quelle personne dépend de son degré de patience. Prenons à titre d’exemple le fait qu’une personne excelle dans son travail. Ceci n’a-t-il pas nécessité de cette personne un certain nombre d’année d’études et d’entraînements ? Regardons aussi une personne dont la foi est très forte et dont la relation avec Dieu est très solide. Ceci n’a-t-il pas nécessité d’elle une grande patience pour accomplir ses devoirs et éviter des péchés ? La reconstruction de tout un pays et de ses infrastructures, n’a-t-il pas besoin de persévérance ? Quelqu’un qui voudrait cesser de fumer, pourrait-il le faire soudainement sans passer graduellement par les étapes nécessaires. Une personne, pourrait-t-elle obéir à ses parents en étant impatiente ?
Ceci est également vrai dans le sens inverse : un déséquilibre dans le degré de patience aboutit à un déséquilibre dans la vie d’ici-bas et dans la vie religieuse. L’adultère par exemple provient du fait que certaines personnes ne patientent pas jusqu’à ce qu’elles se marient. L’alcoolisme est aussi le résultat d’une impatience en cas de crises ou de difficultés qu’une personne peut rencontrer durant sa vie.

L’âme est dans ce sens une monture qui conduit soit vers le paradis soit vers l’enfer. Sa bride ou son frein n’est rien que le sabr (la patience) qui veut dire dans la langue arabe ‘le frein’ et ‘l’interdiction’: le sabr devant les péchés veut dire que tu te défends de les commettre, le sabr en cas des crises veut dire se défendre de se plaindre ou de contester la volonté divine, le sabr en ce qui concerne l’accomplissement des bonnes actions veut dire s’empêcher de dévier de cette bonne voie.
La patience est donc une vertu qui jouit d’une importance majeure dans notre religion. Elle a été évoquée environ 90 fois dans le Coran, plus que d’autres vertus comme l’honnêteté ou la sincérité
Allah (Exalté soit-Il) dit –ce qui peut être traduit comme : « Ô les croyants ! Cherchez secours dans l’endurance et
Un autre verset signale que « Très certainement, Nous vous éprouverons par un peu de peur, de faim et de diminution de biens, de personnes et de fruits. Et fais la bonne annonce aux endurants » (TSC, Al-Baqara ‘
Un autre verset montre que « … Allah aime les endurants. » (TSC- ‘Âl-‘Imrân ‘
Un quatrième verset signale que : «Et Nous avons désigné parmi eux des dirigeants qui guidaient (les gens) par Notre ordre aussi longtemps qu’ils enduraient et croyaient fermement en Nos versets » (TSC, As-Sajda ‘

Il faut donc souligner que l’une des attitudes que l’islam réfute et qu’Allah n’aime pas est l’impatience. Cependant, c’est une attitude qui malheureusement se trouve chez beaucoup de gens : « En effet, Nous avons auparavant fait une recommandation à Adam ; mais il oublia ; et Nous n’avons pas trouvé chez lui de résolution ferme » (TSC, Tâ-Hâ : 115) Une personne impatiente doit combattre en elle-même cette mauvaise habitude parce que l’islam souhaite voir ses adhérents persévérants et fermes. C’est pour cela que dans l’un des verset du Coran Allah dit à son prophète –ce qui peut être traduit comme : « Endure avec patience la sentence de ton Seigneur, et ne sois pas comme l’homme au Poisson (Jonas) qui appela (Allah) dans sa grande angoisse. Si un bienfait de son Seigneur ne l’avait pas atteint, il aurait été rejeté honni sur une terre déserte » (TSC, Al-Qalam ‘
On peut également constater qu’en ce qui concerne les récits des prophètes, le Coran n’évoque la leçon à retenir qu’à la fin de chaque récit. C’est comme si le Coran voulait nous apprendre à patienter jusqu’à la fin de chaque histoire pour en retenir l’essentiel. Ce qui est d’autant plus intéressant c’est de remarquer dans la sourate Hoûd, qui est pleine de récits de prophètes, la fin de l’histoire du prophète Noé qui se termine par le verset –ce qui peut être traduit comme : « …Sois patient. La fin heureuse sera aux pieux » (TSC, Hoûd : 49). C’est comme si Allah racontait toute cette histoire rien que pour arriver à cette phrase finale qui dit au Prophète : ne te t’attriste point.
Par les versets coraniques, Allah nous apprend également que les musulmans ou les serviteurs d’Allah ne pourraient acquérir aucune victoire s’ils ne persévéraient pas à Lui obéir : «… Ceux qui étaient convaincus qu’ils auront à rencontrer Allah dirent : « Combien de fois une troupe peu nombreuse a, par la grâce d’Allah, vaincu une troupe très nombreuse ! Et Allah est avec les endurants » » (TSC, Al-Baqara ‘
LA SUITE INCHALLAH LA PROCHAINE FOIS pour vous laisser le temps de méditer...
