ALTRUISME (partie 2)

Publié le par Amr KHALED

 

 

On entend parler habituellement de l’altruisme de la part de personnes, mais on n’a jamais entendu parler de l’altruisme provenant de toute une ville. Cette ville c’est Médine. Les Ansars ont fait preuve d’un altruisme sans pareil.

 

 

 

En quittant la Mecque , les compagnons du Prophète ne possédaient pratiquement rien. Ils avaient fait le choix de fuir pour sauver leur foi et avaient dû renoncer à tous leurs biens. Les Ansars les accueillirent non pas avec hospitalité mais avec amour.

 

 

 

Chaque fois qu’un mohadjir [émigrant] arrivait à Médine, chacun des Ansars insistait pour l’accueillir chez lui. La seule façon qu’ils trouvèrent pour se départager fut de tirer au sort.

 

 

 

De nos jours, on constate que la mère ne trouve plus de place dans les maisons de ses enfants. Si elle va chez son fils, elle est maltraitée par sa belle fille et si elle va chez sa fille, elle est maltraitée par son gendre !

  • Abd Arrahman Ibn Houf fut accueilli par Saad. Saad vint trouver Abd Arrahman et lui dit : ‘Voici tout l’argent que j’ai, tu prends la moitié et je garde la moitié. Tu prends aussi la moitié de ma maison. Saad, continua à proposer ainsi à son hôte de partager tous ses biens, quand il eut fini, Abd Arrahman en homme fier et actif repoussa toutes ses propositions et lui dit : ‘Que Dieu te récompense mon frère, tout ce que je te demande c’est que tu me montres où se trouve le marché.’

     

Dans l’histoire, on remarque que lorsque des individus se déplacent vers un nouveau territoire, il va sans dire qu’ils n’y entrent qu’en utilisant la force, et causent ainsi de nombreuses victimes. La seule migration qui a été réussie et achevée dans une atmosphère d’amour et de générosité, c’est l’Hégire de la Mecque vers Médine.

 

 

 

Comme on a vu, l’accueil n’a pas seulement été chaleureux, mais enthousiaste. L’homme des Ansars insistait pour partager avec son hôte, ses vêtements, ses affaires et même sa maison.

 

 

 

On se demande comment ils ont fait cela ? Ces hommes n’avaient  pas peur que leurs femmes s’opposent à ce partage ? Avaient-ils des maisons si grandes que le fait de les partager ne signifiait rien pour eux ? Pourquoi est-ce si difficile pour nous de les imiter ?

 

 

 

Ouvrez donc votre armoire, vous y laissez des vêtements que vous ne mettez plus ! Pourquoi ne pas les donner à ceux qui en ont besoin ?!

 

 

 

  • Le Prophète (BP sur lui),  avait rassemblé les Ansars et leur dit : ‘Vos frères sont venus de la Mecque sans argent, vous voulez partager avec eux ? Les Ansars répondirent :’Oui, ô envoyé de Dieu, nous partagerons avec nos frères tout notre argent’.

     

Le Prophète leur demanda :’Pouvez-vous faire plus ? ‘Quoi donc, ô envoyé de Dieu ?’ Le Prophète répondit :’que vous partagiez avec eux vos récoltes.’ ‘Nous sommes d’accord, ô envoyé de Dieu, qu’aurons-nous en contrepartie ? ‘ ‘Le paradis’, dit le Prophète.

 

 

 

Après avoir fini la récolte, l’homme des Ansars se rendait d’abord chez son frère mohadjir et l’obligeait à garder la meilleure part de la récolte.

 

 

 

Après la conquête de Khaibar, l’argent devint plus abondant, le Prophète dit alors aux Ansars :’Que Dieu vous récompense, vous avez tenu parole.’ Les Ansars dirent :’Tu nous a promis le paradis, si nous tenons parole.’ ‘Vous l’aurez.’ Dit le Prophète.

 

 

 

Quelle était donc cette société, où régnait la générosité, le renoncement, et l’amour ?

 

 

 

Le prochain exemple nous donne une image tout à fait surprenante d’altruisme.

 

 

 

  • Lors de la bataille du Yarmouk, Ikrima Ibn Abi Jahl était parmi les blessés. Son cousin qui appartenait au personnel soignant, l’aperçut et accourut vers lui.

     

Il se pencha vers lui pour lui donner à boire, mais au même moment, Ikrima entendit un homme blessé à côté de lui, demander à boire. Il dit à con cousin : Donne lui à boire en premier. Mais à peine, avait-il approché le verre de la bouche de cet homme qu’un troisième blessé demanda aussi à boire. L’homme dit :’Par Dieu je ne boirais pas avant lui’. Le cousin alla ainsi d’un blessé à un autre et chacun refusait de boire et désignait son voisin en disant qu’il devait avoir plus soif car ses blessures étaient plus graves, jusqu’à ce qu’il revint vers Ikrima qu’il trouva mort !

 

 

 

Ikrima donna ce qu’il a de plus précieux, sa vie ! Alors que nous, nous craignons de donner une pièce de monnaie, un vêtement, une information 

Que feriez-vous donc si on vous demandait de donner quelque chose à laquelle vous tenez énormément ?

 

 

 

  • Abdullah Ibn Omar, eut une fois envie de manger du poisson, mais c’était une nourriture très rare à Médine. Sa femme a pourtant fini par trouver un poisson qu’elle prépara pour son mari. A peine s’étaient-ils mis à table, qu’un pauvre vint frapper à leur porte et demanda à manger.

     

-Donne lui ce poisson, dit Abdullah Ibn Omar à sa femme.

 

 

 

-Je vais lui donner autre chose, dit la femme

 

 

 

-Non, je veux donner ce que j’aime, n’as-tu pas entendu le verset : « Vous n'atteindriez la (vraie) piété que si vous faites largesses de ce que vous chérissez. » (TSC, ‘Âl-‘Imran ‘ La Famille D ’Imran’ 92)

 

 

 

- Vas, donne-lui le poisson.

 

 

 

La femme porta le poisson au mendiant, mais eut l’idée de lui faire une proposition.

 

 

 

-Tu veux me vendre ce poisson pour un dirham ? demanda–t-elle au mendiant qui accepta tout de suite.

 

 

 

  • Omar ibn Al-Khattab, après avoir été mortellement blessé et conscient que sa mort approchait dit à son fils Abdullah :

     

-Va demander à la mère des fidèles Aicha, de me donner la permission d’être enterré à côté de mes deux compagnons, le Prophète et Abu Bakr.

 

 

 

Aicha accepta et dit :

 

 

 

-Je gardais cette place pour moi, mais puisque Omar souhaite être enterré près du Prophète, je lui cèderai ma place.

 

 

 

Aicha, que Dieu l’agrée, céda sa place à l’endroit sain, auprès de son mari, l’envoyé de Dieu, l’être le plus proche d’Allah.

 

 

 

  • Abou Horaira –que dieu l’agrée- raconte : ‘Par Dieu, il m’est arrivé de serrer une pierre contre mon ventre à cause de la faim. Les gens me voyaient quelques fois m’agiter et me croyaient fou alors que j’étais seulement torturée par la faim.

     

Un jour que j’étais ainsi, je restais assis prêt de la chaire du Prophète (BP sur lui) et chaque fois qu’un compagnon passait je lui posai la question au sujet d’un verset qui parlait d’aumône espérant qu’il me donnera quelque chose, mais l’homme répondait à ma question et reprenait son chemin sans comprendre mon but. Le Prophète (BP sur lui) me trouva dans cet état, il me sourit et dit :’Suis-moi’. Je le suivis. Arrivé chez lui, il entra après avoir obtenu l’autorisation et m’invita à entrer.

 

 

 

Il trouva du lait dans un bol, il se tourna vers moi et me dit :’Va chercher les gens de Souffa –les pauvres de Médine qui habitaient à côté des appartements du Prophète- Je m’en allai en pensant :’Jamais un bol de lait ne suffirait tous ces gens ! ‘. Cependant j’exécutai l’ordre du Prophète et quelques instants plus tard, nous étions tous dans l’appartement du Prophète.

 

 

 

Le Prophète qui se doutait de mon sentiment, me donna le bol et me demanda : ‘Sers leur à boire.’ Je pris tristement le bol de lait et le passai au premier homme, j’attendit qu’il soit rassasié puis je donnai le bol au suivant. Mon étonnement allait grandissant chaque fois que je reprenais le bol qui restait rempli malgré le grand nombre des hommes. 

 

 

 

Le Prophète me regarda, un sourire aux lèvres :

 

 

 

-Il ne reste que toi et moi, me dit-il

 

 

 

-Oui, envoyé de Dieu, répondis-je

 

 

 

-Assieds-toi et bois, m’ordonna-t-il

 

 

 

J’ai bu et je lui tendis le bol, mais il me dit :

 

 

 

-Bois encore.

 

 

 

Je bus et lui tendis le bol de nouveau.

 

 

 

-Bois encore, me dit-il

 

 

 

-Non, ô envoyé de Dieu, j’en ai bu assez, je ne peux plus rien avaler !

 

 

 

Le Prophète (BP sur lui) prit enfin le bol et but à son tour.

 

 

 

Prenez l’habitude de donner, vous finirez par en savourer la douceur, vous serez si heureux que vous aurez l’impression que c’est vous qui prenez !

 

 

 

  • Le jour du fossé, et après que nous ayons fini de creuser, je remarquai que le Prophète (BP sur lui) souffrait d’une terrible faim. Je me précipitai chez moi et dis à ma femme : ‘As-tu quelque chose à manger ? Le Prophète a très faim.’ Elle me donna une besace qui contenait une mesure d’orge. Et comme j’avais un petit mouton, je l’égorgeai, ma femme avait pendant ce temps, moulu le peu d’orge que nous avions. Je découpai la viande et la mis dans la marmite, ensuite je retournai voir le Prophète.

     

Je le pris à part et l’invitai à venir manger chez nous en secret. Mais le Prophète (BP sur lui) se tourna vers les compagnons et les appela : ‘Oh, gens du fossé ! Djaber nous a  préparé un banquet, venez tous !’

 

 

 

Le Prophète me dit ensuite :’Rentre chez toi, et dis à ta femme de ne pas enlever la marmite du feu, et de ne pas retirer le pain du four avant mon  arrivée.’

 

 

 

J’acquiesçai en silence et retournai chez moi tout embarrassé et troublé.   En arrivant, je racontai à ma femme ce qui s’est passé. Elle me répondit :

 

 

 

-As-tu dis au Prophète que nous avons juste une petite quantité de nourriture ?

 

 

 

-Oui, je lui ai dit.

 

 

 

-Alors, tu n’as pas à t’en faire, le Prophète (BP sur lui) sait mieux que nous.

 

 

 

A ce moment, le Prophète et les compagnons arrivèrent, le Prophète leur dit : ‘Entrez sans vous bousculer’.

 

 

 

Puis, il se mit à couper le pain, ensuite il plaçait sur chaque morceau de la viande, et donnait le morceau à l’un des hommes, jusqu’à ce que tous les hommes présents aient mangé.

 

 

 

Bien qu’ils étaient au nombre de mille, je jure par Dieu qu’ils mangèrent tous à satiété.

 

 

 

Ils quittèrent notre maison alors que la viande et le pain étaient à peu près comme si personne n’y avait touché !

 

 

 

LA SUITE PROCHAINEMENT INCHALLAH

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