ALTRUISME (partie 1)

Nous parlerons aujourd’hui d’une vertu qui a presque disparu du comportement des musulmans, au point que beaucoup d’entre nous ignorent ce que cela veut dire, et ce malgré que l’Islam en a parlé, et que le Prophète (BP sur lui) l’a pratiquée durant toute sa vie. Il s’agit de l’altruisme.
Il est bien dommage que nos jeunes se détournent de l’Islam et vont chercher leurs repères dans d’autres cultures.
Nos jeunes ne prennent pas de ces cultures ce qui pourrait leur être profitable comme la technologie ou le savoir, mais s’intéressent uniquement à copier l’occident dans la façon de s’habiller, de parler et de se comporter.
Mais trouveront-ils chez eux des vertus comme l’altruisme ? Non ! Ce genre de vertu ne se trouve que dans l’école de notre Prophète (BP sur lui).
Donnons à présent le sens islamique de ce mot, et répondons à cette question : ‘Qu’est ce que l’altruisme ?’
En Islam, l’altruisme veut dire que tu préfères ton frère à toi-même. C’est le fait de donner de bon cœur quelque chose dont on a absolument besoin à quelqu’un d’autre.
C'est-à-dire que tu laisses ton frère tirer profit de quelque chose d’ici bas, dans le but d’avoir une récompense dans l’au-delà.
Des exemples de l’altruisme :
- Une femme vint trouver l’Envoyé de Dieu (BP sur lui) et lui offrit une tunique brodée et lui dit : « Je l’ai tissée des mes propres mains afin que tu la portes. »
Le Prophète (BP sur lui) peu habitué à l’hiver de Médine, souffrait énormément du froid, il fut très touché par ce cadeau et l’accepta avec gratitude.
Il sortit de chez lui en la revêtant et se dirigea vers les hommes présents dans la mosquée.
L’un de ses compagnons lui dit : « Comme elle est belle ! Donne-la moi ! ».
-Certainement, lui répondit-il.
Une fois la réunion terminée, le Prophète revint chez lui, plia la tunique et l’envoya à l’homme qui l’avait demandée.
Les gens dirent alors à cet homme : « Tu as mal agi ! Le Prophète la portait car il en avait besoin, puis tu lui as demandé de t’en faire un don, sachant qu’il ne refuse rien à celui qui lui demande quelque chose ! »
-Par Dieu ! répondit-il, je ne l’ai pas demandée pour me vêtir, je voulais la prendre et m’en servir comme linceul. En effet, cette tunique a été le linceul de cet homme.
- Durant les vingt-trois ans qu’a duré la mission du Prophète (BP sur lui), les musulmans étaient très pauvres. Il leur arrivait d’avoir tellement faim qu’ils serraient une pierre sur leur ventre, le Prophète lui, serrait deux pierre sur son ventre. Mais après les conquêtes et les victoires successives, l’état des compagnons changea complètement.
Après l’une des conquêtes, la part du Prophète dans les butins, était un troupeau de moutons qui remplissait une vallée entre deux montagnes.
Un homme qui était venu s’informer sur l’Islam, demeura stupéfait devant ce nombre illimité de moutons. Le Prophète remarqua son intérêt.
-Ca te plairait de les avoir ?
-Oui, répondit l’homme
-Ils sont à toi. Dit le Prophète avec le plus grand calme.
L’homme n’en crut pas ses oreilles.
-Ô Muhammad, tu me les donnes vraiment ?
-Oui, prends les. Répondit le Prophète.
L’homme courut vers le troupeau tout en se retournant, tellement il n’y croyait pas.
Il conduit le troupeau jusqu’à sa tribu, et leur cria dès son arrivée :
-ô gens, embrassez l’Islam, je reviens de chez un homme qui ne craint pas la pauvreté.
- Abu Horaira –que Dieu l’agrée- a rapporté le récit suivant : « Un homme vint trouver le Prophète (BP sur lui) et lui dit : « Je suis épuisé et très besogneux. » Le Prophète envoya à l’une de ses femmes (pour chercher de la nourriture), puis à une autre, ensuite à une troisième, mais chacune d’elles répondait : « par celui qui t’a envoyé par la vérité, je n’ai rien que de l’eau. »
Alors il demanda aux fidèles : Qui veut accueillir cet homme chez lui pour cette nuit ?
Un homme ses Ansars, se leva et dit : « Moi, ô envoyé de Dieu ». Il l’emmena chez lui et dit à sa femme :
‘As-tu quelque chose à manger ?’
-Non, répondit-elle, je n’ai que le repas des enfants.
–Et bien, reprit-il, distrais-les par quelque chose et mets les au lit, puis quand tu auras mis la table, fais semblant de réparer la lanterne et éteins là, toi et moi, nous ferons semblant de manger, il fera nuit, notre invité ne s’en doutera pas.
Ainsi ils donnèrent à manger à l’hôte, et ils se serrèrent le ventre toute la nuit.
Ce dernier exemple est le plus dur à suivre. Quelques fois, des amis voyagent ensemble mais au moment du repas, chacun d’eux s’éloigne pour manger seul.
Le matin, cet homme se rendit chez le Prophète (BP sur lui) qui lui dit :’Dieu a été étonné de la manière dont vous avez traité votre hôte cette nuit. »
Puis le Prophète récita devant les compagnons ce verset : ‘Il [appartient également] à ceux qui, avant eux, se sont installés dans le pays et dans la foi, qui aiment ceux qui émigrent vers eux, et ne ressentent dans leurs coeurs aucune envie pour ce que [ces immigrés] ont reçu, et qui [les] préfèrent à eux-mêmes, même s'il y a pénurie chez eux. Quiconque se prémunit contre sa propre avarice, ceux-là sont ceux qui réussissent. (TSC[i], Al-Hachr ‘L’exode’ : 9)
Vous imaginez ? Cette famille n’avait pas de quoi dîner, l’homme et sa femme se sont endormis le ventre vide !
C’est un parfait exemple d’abnégation, ceci nous rappelle les paroles du Prophète (BP sur lui): « Nul n’est vraiment croyant que lorsqu’il aime pour son frère ce qu’il aime pour lui-même. »
- Dans la bataille de Uhud, il eut un moment critique pendant lequel le Prophète s’est retrouvé presque seul face à l’ennemi. Abou Doujana, s’approcha du Prophète et l’entoura de ses bras et reçut des dizaines de flèches sur le dos. Les compagnons présents décrivaient cette scène : Le dos de Abou Doujana ressemblait à un hérisson tellement il était couvert de flèches.
Malgré ses blessures, cet homme n’avait pas bougé de peur que le Prophète soit touché !
Avons-nous la même attitude envers notre Prophète ? Agissons nous de la même façon pour préserver sa Sunna ?
- Pendant cette même bataille, Abou Talha s’avança pour couvrir le Prophète, en lui disant :’Baisse ta tête, ô envoyé de Dieu, ne te montre pas ainsi car tu pourrais être atteint par une des flèches de l’ennemi, que mon corps protège le tien’. Une flèche transperça la main d’Abou Talha et elle fut paralysée
- Toujours pendant cette même bataille, le Prophète, entouré de toute part par l’ennemi et à peine défendu par quelques hommes, dit à haute voix :’Qui les repousse de moi et je lui garantis le paradis ?’ Dix jeunes hommes répondirent à cet appel, et se précipitèrent vers le Prophète.
Le premier tomba mort, puis le second, puis le troisième jusqu’à ce qu’ils fussent tous tués en défendant le Prophète. Yazid Ibn Sakan, tomba en dernier, mais dès que son visage toucha la terre, le Prophète (BP sur lui), s’agenouilla à côté de lui et lui essuya le visage en disant :’ Seigneur, je témoigne que Yazid Ibn Sakan a accompli son devoir.’
